Bref aperçu des anciennes mesures

Depuis la plus haute antiquité, les unités de mesure ont été définies en relation avec le corps humain.

mesures anciennes

Pourtant, même sur une zone géographique assez restreinte comme le territoire français actuel, il n’y a pas « un », mais « des » systèmes de mesure, et c’est bien là le problème. Chaque région possède son propre système : en Bretagne, on mesure en perches, à Marseille en palmes, à Paris en pieds ailleurs encore en toises, en pouces, en lignes, en brasses, en coudées, en empans… Les unités de mesures diffèrent énormément d’un endroit à l’autre. Aucune uniformité n’existe à l’intérieur d’un même royaume. Dans ces conditions, les échanges commerciaux posent beaucoup de difficultés. Et pourtant le problème n’est pas nouveau, puisqu’en 789 déjà, Charlemagne avait proposé d’uniformiser les systèmes de mesure mais le projet a tourné court après sa mort. Plus tard d’autres réformes furent proposées mais aucune ne connaîtra de succès. Problème récurant pourtant puisque déjà en leur temps les Égyptiens avaient essayé d’établir des mesures « universelles ».

pied-du-roy

Sous l’Ancien Régime,les unités de mesure sont aussi nombreuses que variées : perche, verge, toise, canne, pied… Pour ce qui est des rapports entre les mesures de longueur officielles, ils sont hérités du système romain duodécimal. Le PIED est l’unité de base des longueurs. Il se divise en 12 POUCES, chaque pouce en 12 LIGNES et chaque ligne en 12 POINTS. D’autres mesures entretenaient entre elles des rapports moins simples. Par exemple François Ier avait essayé d’imposer une AUNE valant « 3 pieds, 7 pouces et 8 lignes de pied-du-roi » ! En pratique, celle-ci variera de 69 à 141 cm selon les régions.

Gd Châtelet et unités de longueurs

On se sert principalement de la TOISE (d’où l’expression « passer sous la toise » pour parler de la taille des êtres humains) qui correspond à l’étendue des bras. Pendant longtemps, prétendument depuis Charlemagne, l’étalon légal a été la toise du Châtelet, barre de fer scellée au mur du Grand Châtelet qui était une des portes intérieures de Paris, et mesurant 6 pieds-du-roi, lequel mesurait environ 32,5 cm (50 de pointure de chaussure), ce qui donne 195 cm pour la toise. Au départ, en fait, cette mesure tire son origine de la plus haute antiquité, partant d’unités égyptiennes et arrivant jusqu’à nous par l’intermédiaire du bassin méditerranéen. Mais cet étalon a subi les aléas de l’histoire et s’est retrouvé raccourci de près d’un centimètre du temps de Colbert !

Les grandes distances s’expriment en LIEUES, qui correspondent à 1666 toises (sauf entre 1674 et 1737 où elles font 2000 toises). Pour arpenter les terres, les mesures utilisées sont la PERCHE (18 à 22 pieds-du-roi) et la canne, elles-mêmes divisées en empans.

mesurage base 1740

Les surfaces s’expriment soit en unités de longueurs au carré, soit avec des valeurs plus approximatives car là encore variant d’une région à l’autre. Le JOURNAL était la surface agricole qu’un homme pouvait travailler en une journée, aux environs de 32 ares. L’ARPENT de Paris valant 100 perches carrées était proche de cette surface, tandis que celui des eaux et forêts valait environ 51 ares. La vergée valait ¼ d’arpent, l’acre (étymologiquement : champ) valait 2 journaux, soit 1 à 2 arpents, l’ânée environ 7 arpents. On utilisait encore la rasière, la quarterée, la séterée, la poignerée, l’éminée… toutes ces surfaces correspondant à une certaine quantité de semences.

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