Courte histoire du mètre

triangulation

Lors de la préparation des Etats Généraux de 1789, l’unification des poids et des mesures est très largement réclamée par les trois Etats. La multiplication des droits de mesurage et l’infinité de valeurs des mesures, qui changent dans le temps et dans l’espace, les fraudes constantes, l’éloignement de l’idée de justice dans la répartition des biens entre les membres des communautés sont clairement exprimés dans les cahiers de doléances : « une seule mesure pour tout le royaume, et que les grains de toutes espèces se mesurent dans la même mesure (…) pour que le malheureux ne soit pas lésé ».

Le 8 mai 1790, sur proposition de Talleyrand, l’Assemblée Nationale décide de la création d’un système de mesures décimal aux caractéristiques stables, uniformes et simple. Le 30 mars 1791, naît la mesure du mètre et le 18 germinal de l’an III (7 avril 1795) un décret de la Convention fit des nouvelles « mesures républicaines » les mesures légales et obligatoires en France.

Delambre et Méchain sont chargés entre 1790 et 1798 de mesurer la longueur du méridien joignant Dunkerque à Barcelone afin d’établir le système métrique. Pour cela ils créent tout au long du méridien une chaîne de triangles adjacents ; ils mesurent leurs angles et la longueur d’un côté le plus précisément possible. Puis connaissant les relations métriques dans les triangles, ils en déduisent les longueurs manquantes. Ils trouvent finalement une longueur totale du quart de méridien égale à 5 130 740 toises. Le mètre sera alors défini en 1799 comme la dix-millionième partie du quart du méridien ( 1 m = 0,513074 toise ou 443,296 lignes-du-roi ).

Avec le temps et l’augmentation constante de la précision des mesures, on s’est aperçu que la terre était en réalité inégale et de forme peu régulière, rendant imprécise la définition du mètre. Par souci de précision, cette définition n’a cessé d’être modifiée. Aujourd’hui le mètre est défini comme la distance parcourue dans le vide par la lumière pendant une durée de 1 / 299 792 458 seconde. La précision de la mesure est actuellement de l’ordre de 10-13, précision qui ne peut être atteinte que dans des conditions atmosphériques bien contrôlées.

Aujourd’hui, on compte toujours à travers le monde un grand nombre d’unités définies et utilisées localement. Afin de faciliter les échanges scientifiques et commerciaux, de nombreux pays ont adopté un système commun, appelé « système international » (SI). Depuis 1889, le pavillon de Breteuil à Sèvre (92), faisant suite au Grand Châtelet qui conservait la toise-étalon, est le dépositaire du mètre-étalon. Ce lieu est par ailleurs le siège du Bureau International des Poids et Mesures, dont la mission est de conserver les étalons internationaux primaires et de certifier des étalons secondaires.

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