Le mètre avant la lettre

progrès de la techniqueL’idée de la création d’une nouvelle unité de longueur est partie de la volonté d’unifier les multiples unités qui existaient jusque là. De même le système décimal que nous utilisons couramment actuellement était alors très peu usité bien que les Egyptiens l’aient déjà utilisé au IIIe millénaire avant notre ère. En 1668, un scientifique anglais membre de la Royal Society, John Wilkins, propose de mettre en place un système d’unités universel basé sur le système décimal. Il donne une définition possible des unités de longueur, de volume et de masse. Se basant sur la demi-période d’un pendule simple battant la seconde, il propose d’adopter comme longueur universelle une mesure de 38 pouces de Prusse, soit approximativement 993,7 mm. Quelques années après, en 1675, le savant italien Tito Livio Burattini reprend l’expérience et trouve une valeur de 993,9 mm. Il nomme cette longueur « metro cattolico » ce qui se traduit par MESURE UNIVERSELLE. C’est l’époque où les horloges à pendule ont commencé à se multiplier dans toute l’Europe.

En 1790 Talleyrand propose à l’Assemblée nationale constituante la création d’un système de mesure stable, uniforme et simple. L’unité de Burattini est choisie comme unité de base des longueurs. Cependant, compte tenu des variations de la pesenteur selon la situation géographique du lieu, cette définition ne pouvait pas être universelle.

Dès 1670 le lyonnais Gabriel Mouton avait proposé une unité de longueur basée sur la mesure du méridien terrestre. L’Assemblée décide finalement que l’unité « mètre » serait définie comme la dix millionnième partie d’un quart de méridien. En 1795, par décret de la Convention nationale française, le système métrique est adopté, comportant les unités de longueur (mètre), de masse (kilogramme) et de temps (seconde), et l’usage de tout autre système est interdit. Le temps de terminer les mesures d’une portion de méridien et les calculs correspondants (*), un étalon de platine a été fabriqué en 1799 et déposé aux Archives nationales de France (voir article intitulé « Courte histoire du mètre »).               théodolite à cercle répétiteur

Aboli de France à la Restauration, le système métrique ne fut définitivement réintroduit qu’à la révolution de 1830, quatorze ans après que le Royaume-Unis des Pays-Bas l’ait adopté (1816). La loi du 4 juillet 1837 rend désormais passible d’amende l’emploi d’autres unités dans les actes administratifs.

Durant les XIXe et XXe siècle, de nombreux savants de tous pays travaillèrent à ajouter de nouvelles unités universellement reconnues. Parallèlement, des conférences internationales régulières ont conduit de plus en plus de pays à adopter ces unités, regroupées depuis 1970 sous l’appellation de Système International d’unités (SI). En 2008, seuls trois pays au monde n’avaient pas encore migré vers ce système dit aussi métrique : le Myanmar (Birmanie), les Etats-Unis et le Libéria. Dans beaucoup de pays cependant, l’usage conjoint de certaines unités non métriques est malgré tout autorisé (en aviation et en navigation par exemple).

* lesquels calculs s’avérèrent faux lorsque Delambre les reprit en 1806, le mètre adopté en 1799 étant trop court de 0,2 mm. Notons cependant que tous ces calculs n’auraient pas été possibles sans l’avancée préalable des mathématiques et notamment de la trigonométrie sphéroïdique.
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